De 1951 à 1970:

Après de longues négociations entre le gouvernement français et le gouvernement américain en 1951, la base d’Etain-Rouvres fait partie des 13 bases aériennes que l’armée américaine va développer sur le territoire français, tout comme 2 autres en Lorraine, Chambley et Toul-Rosières.

🗓️ 18 juin 1951Le préfet de la Meuse adressait une dépêche aux sous-préfet du département, indiquant :

« Monsieur le Ministre de l’Intérieur m’a sollicité sur l’opportunité de mettre à disposition des autorités américaines le terrain d’aviation d’Étain-Buzy ainsi que l’ancien quartier Harville, situé à Sampigny (Meuse). J’ai l’honneur de vous informer que j’ai donné mon accord à cette proposition. »

La nouvelle du projet d’affectation d’une garnison arienne à Etain a été accueillie avec plaisir par la population. A vrai dire, on attendait ce choix qui parle d’avions parle également de la base d’Etain-Rouvres.

🗓️ 22 avril 1951 – Le ministre de l’Intérieur écrit au préfet de la Meuse: 

J’ai l’honneur de vous informer qu’à partir du 22 avril 1951 des reconnaissances seront effectuées par deux équipes d’officiers américains dirigées chacune par un officier de l’Armée de l’Air français. Ils suivront les itinéraires au tableau joint en annexe. Le personnel sera en civil et les voitures utilisées devront porter une immatriculation françaises.

Sa modernisation débute en 1952 et doit se terminer en 1954 mais des raisons budgétaires retardent cette échéance.

🗓️ 14 février 1952 – Lettre de l’Ingénieur en Chef, Directeur des Services Agricoles à Monsieur l’Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussés de la Meuse:

J’ai l’honneur de vous faire connaitre qu’a la suite d’une enquête effectuée à Rouvres, le 8 février, il résulte que l’expropriation des terrains pour l’aménagement de l’aérodrome d’Etain-Rouvres porterait sur une superficie dont les limites, en considérant l’avant-projet du plan de masse, sont constituées par un vaste rectangle de 2.400 mètres sur 850 mètres = 204 Ha. Auquel il convient d’ajouter les deux extrémités = 22 Ha. (250 M. X 440 M. = 11 Ha X 2) =… 226 Ha. De cette parcelle, il faut déduire une superficie de 56 Ha. provenant de l’ancien camp crée en 1934. 

Puis voici le plan de masse dessiné en mars 1952:

On peut apercevoir une 4e marguerites au sud du terrain et un deuxième taxiway qui ne sera jamais construits.

Sa mission était d’assurer la garde des nouvelles installations de l’USAF ainsi que la supervision des travaux de construction de la nouvelle base.

Partiellement occupée dés l’automne 1954, la base est réellement opérationnelle pour l’été 1956.

🗓️  14 décembre 1954 – Un important contingent d’environ 900 hommes est arrivée par 2 trains spéciaux en gare d’Etain. le 388th Fighter Bomber Wing sera présent sur la base Etain-Rouvres  du 14 décembre 1954 et y restera jusqu’en 1957, date à laquelle il a été désactivé.

🗓️ le 31 décembre 1959 — la base d’Etain-Rouvres sera désaffectée.

 

🗓️ Janvier 1960: le mois de janvier n’a été que le prolongement de la situation de fin d’année précédente avec ses incertitudes et ses probabilités. Les bases de Chambley et Etain s’intègrent normalement dans le cadre administratif prévu en subordination au commandement du 7544° Support Group placé à Toul. La base d’Etain commence sa réorganisation et le retrait des militaires Américains débute comme prévu. Le personnel civil est licencié ou reclassé, réduction de 25% du marché d’entretien USAF à compter du mois d’avril, transfert de 30 roulottes d’Etain à Marseille.

Aux yeux des Américains le retrait des F-100 a paru comme une réponse de fermeté a ce que la presse U.S appelait « un chantage du prestige » par la France. Les USA s’attendaient vraisemblablement à un assouplissement de l’attitude française, peut-être même dans ce sens certain mouvement d’opinion chez les employés français garde avec des origines confuses d’avoir été consciemment ou non entretenu.

Suite au départ du 49th TFW et de ses Super Sabre, Etain Air-Base n’a plus de fonction opérationnelle. Officiellement la base passe en stand-by, une manière élégante de ne pas la fermer définitivement. Nous sommes au début des années 1960 et les quelques Américains et employés civils français sont le plus souvent sur la base de Toul.

🗓️ Fin janvier 1960: Voici un an que les escadrons de F-100 ont quittés la France. L’implantation de l’armée de Terre américaines sur la base d’Etain est sans changement, sont stationnées 3 compagnies du 249th Engineer Battalion venant de Kaiserslautern, une compagnie du 97th Engineer B de Verdun et la 582ème compagnie de transport de l’Army venant de Chambley. Mais la base a reçu des F-100 (dont ceux basé à Spanghalem) en septembre avec 250 militaires dont 40 officiers, lors de différents exercices. l’effectif  USAF des deux Bases (Chambley et Etain) est d’environ 120 militaires. et pour l’Army d’environ 1300 militaires. En ce qui concerne les familles des miltaires US, en compte pour Etain: 210 personnes (femmes et enfants) pour l’USAF et 1757 personnes pour l’Army. Et environ 400 civils travaillant pour les U.S.

Cependant, Étain va revivre grâce, ou plutôt à cause de la crise de Berlin. De l’Ohio, des F-84F traversent l’Atlantique, par escales, à destination d’Etain.

L’unité choisie est le 121st TFW et, dans ses rangs, on retrouve des volontaires issus des trois différents escadrons éparpillés dans Ohio, tous équipés de F-84F et sous contrôle administratif du 121 st TFW. Dès son arrivée en France, le wing est mis à la disposition de l’USAFE et de la 17th Air Force et prend l’appellation de 7121st TFW. Rappelons que ces avions ont quitté les Etats-Unis le 30 octobre 1961 et que, à l’époque, on estime fermement que la guerre risque d’éclater avant Noël.

Le ciel de l’est de la France, depuis la Meuse jusqu’à la Haute-Marne, se voit, en un rien de temps, littéralement infesté de F-84F. A ce moment, sans le vouloir, on était arrivé à une standardisation exemplaire du matériel aéronautique puisque, en dehors des Américains, les forces aériennes françaises, allemandes, hollandaises, belges, italiennes et turques utilisaient ce type de machine. Inutile de dire que les échanges d’escadrons ont été nombreux.

La crise passée, les pilotes de l’Ohio volent jour et nuit, même le dimanche, s’entraînant à des séances de navigation longue distance qui se résument, le plus souvent, à des vols de découverte-tourisme de notre continent.

🗓️ Le 20 août 1962, le 121st rentre au pays en abandonnant sur place ses F-846 qui seront récupérés par le 366th TFW une unité dite régulière au niveau du personnel notamment et qui stationnera sur notre territoire durant encore une année. L’un ses escadrons prendra d’ailleurs ses quartiers à Etain jusqu’en 1963, année de fermeture temporaire de la plate-forme.

🗓️ Le dimanche 28 juin 1964, la Base aérienne Américaine d’Etain été rendue opérationnelle sur préavis de 48 heures, pour accueillir les avion Ministériels, à l’occasion du 48ème anniversaire de la victoire de Verdun. le commandant de la base est le Lieutenant-colonel William J. BAUSSER commandant le détachement de Liaison Air 51/128 avec un comme personnel en plus de lui, 1 sous-officier, 2 hommes de troupe et 4 gendarmes de l’Air.

Article de l’Est Républicain le 15 octobre 1965:

Article du 28 mars 1966.

🗓️ le 15 février 1967, la base est remise aux autorités françaises qui se chargent de régler le cas des derniers employés civils, restés fidèles jusqu’à la fin.  (Selon Jean-Pierre HOEHN Auteur du AIR FAN n°148). C’est le Détachement de Liaison Air (D.L.A) 51/128 qui prendra la suite pour la France. Ce détachement sera commandé par le Commandant Irigoyen. Elle sera composé d’une poignée d’hommes et d’un petit détachement de la gendarmerie de l’Air qui assurera la sécurité de la Base.

🗓️Le 28 mars 1967, les couleurs Américaines ont été levées pour la dernière fois sur la base.

🗓️Le 26 mai 1967, pour le démontage de la base, deux unités sont américaines sont à la manœuvre. Un détachement de l’AIR FORCE et de l’ARMY avec 1715 personnes dont 669 familles encore présente. Mais rapidement la base N’aura plus qu’une poignée d’hommes du DLA 51/128  et un détachement de la Gendarmerie de l’Air qui assurera la sécurité de la base.

🗓️Le 1erseptembre 1967, le 94e RI renaît. Il s’Installe sur la base d’Étain, il est motorisé, en 1975 il se mécanise sur AMX 13.

Sera créé le 01 janvier 1968 sur la base d’Etain-Rouvres. Il sera commandé par le chef de bataillon Gilles Gouyon.

Sources: