08 décembre 1957, activation 49th Tactical Fighter Wing sur Etain Air-Base:

Les restrictions budgétaires frappant les Pacific Air Forces (PACAF) dans les années 1950, il fut décidé de relocaliser le 49th Fighter Bomber Wing de Misawa Air Base au Japon vers la base aérienne d’Étain-Rouvres en France.

Ce transfert était en fait un simple changement de désignation puisque aucun personnel, appareil ou équipement ne fut transféré de l’Asie vers l’Europe. Le 49th FBW reprit la mission du 388th Fighter Bomber Wing. le 49th devenant le 49th Tactical Fighter Wing. Des détachements du 49th TFW furent établis à Vouziers-Sechault (près du camp de Suippes) le  et à Chambley-Bussières Air Base le .

La devise du 49TFW était « Tutor et Ultor ». Ce qui veut dire « je protège et je venge ».

Le 19 mars 1958, Le 49th FBW était articulé de la façon suivante:

  • 3 escadrons de combat: les 561 – 562 – 563. Avec 25 F.100 par escadron.
  • 1 Weather Squadron équipé d’environ 12 T.33 servant à l’entrainement du personnel naviguant.
  • une escadrille Rescue « hélicoptères » avec des S.55 rattaché au « Base Commander » pour emploi.
  • Pour un effectif sur base de 2600 militaires en croissante évolution afin d’aspirer le personnel de la base de Chambley.

Un nouveau programme de construction fut établi avec la création de:

  • Bâtiment vétérinaire;
  • Bâtiment de stockage des bouteilles à gaz (usage familial);
  • station d’épuration pour l’air de lavage;
  • Bâtiment pour « FLAK simulator »;
  • Bâtiments scolaires (enfants et adultes);
  • Salle de gymnastique;
  • 5 Bâtiments pour les squadrons;
  • bâtiment infirmerie pour 25 lits et services.

Projets agréés à cette date:

  • allongement de la piste de 92 mètres Nord et 92 mètres Sud. ce qui portera la longueur totale à 2950 mètres.
  • Commande électropneumatique des barrières de freinage actuellement actionnées à la main.
  • Balisage de points hauts des villages environnants
  • construction de 352 logements à Etain.

Mi juin 1958, un second ensemble de 382 pavillons, « les Clairs Chênes », fut aménagé au nord d’Étain. Ce vaste bourgeonnement aux formes organiques, détaché du tissu urbain, est aisément reconnaissable au premier plan de la photographie. Au nord de Toul, Régina village et la cité Saint Michel préfiguraient les lotissements périurbains. Ils ont été depuis rattrapés par l’extension urbaine de la ville.

le Les escadrons furent renommés 7th, 8th et 9th Fighter-Bomber Squadrons, avant de voir leur nom transformés en Tactical Fighter Squadrons, (TFS)

Nombre d’accidents aériens fut aussi en net augmentation avec 8 accidents dont 2 mortels en septembre  et 04 accidents dont 1 mortel en octobre 1958.

En juillet 1959, la décision de retrait des F-100 est en cours et portera le nom de mission « PROJECT RED RICHARD » et le  49th Tactical Fighter Wing devra transférer le matériel et le personnel de l’USAF d’Etain à Spanghalem (Allemagne)

                                                    F-100D 55-2760 du 49th TFW à Etain

A la mi juillet 1959, le 49 T.F Wing s’articula comme suit à Etain:

  • Commandement de l’escadre avec ses trois escadrons (7ème, 8ème et 9ème) de F-100 et ses services.
  • Une escadrille de T-33.
  • Et quelques hélicoptères

L’opération de déménagement du 49th TFW hors des frontières s’achève vers le mois d’août 1959. Il est mut progressivement à Spangdahlem non loin de Bitburg, et c’est sur cette base qu’il entamera sa conversion sur le gros F-105D.

En conséquence du retrait des F-100 le détachement de l’USAF se voyaient rattaché à un unité définie le 514th Support Group de Toul mais la base d’Etain portera le nom de « détachement n°1 ETAIN » (Chambley détachement n°2, Chaumont détachement n°3) et administré également par les service USAF de Marseille, Orly et Bordeaux.

Au 31 décembre1959, le 49 T.F Wing a fait mouvement sur Spanghalem en Allemagne; L’USAF n’a plus un seul avion basé à Etain, Chambley et Vouzier. tous les services du 49ème T.F Wing ont suivis le commandement et les escadrons. les militaires restants sont groupés en détachements.

Pour Etain, 350 militaires pour les services généraux. Garde, entretien, approvisionnement technique et pré-stockage. La piste reste ouverte de 08h00 à 17h00 sur préavis seul transit, des appareils de transport.

  • les familles (femmes et enfants) s’élèvent à 243 personnes toutes logées dans les roulottes sur la base.
  • l’entreprise chargée de l’entretien a conservé son effectifs complet.
  • les employés civils sont 130 et doivent être réduits au 31 janvier à un chiffre non défini.

Janvier 1960: le mois de janvier n’a été que le prolongement de la situation de fin d’année précédente avec ses incertitudes et ses probabilités. Les bases de Chambley et Etain s’intègrent normalement dans le cadre administratif prévu en subordination au commandement du 7544° Support Group placé à Toul. La base d’Etain commence sa réorganisation et le retrait des militaires Américains débute comme prévu. Le personnel civil est licencié ou reclassé, réduction de 25% du marché d’entretien USAF à compter du mois d’avril, transfert de 30 roulottes d’Etain à Marseille.

Aux yeux des Américains le retrait des F-100 a paru comme une réponse de fermeté a ce que la presse U.S appelait « un chantage du prestige » par la France. Les USA s’attendaient vraisemblablement à un assouplissement de l’attitude française, peut-être même dans ce sens certain mouvement d’opinion chez les employés français garde avec des origines confuses d’avoir été consciemment ou non entretenu.

Suite au départ du 49th TFW et de ses Super Sabre, Etain Air-Base n’a plus de fonction opérationnelle. Officiellement la base passe en stand-by, une manière élégante de ne pas la fermer définitivement. Nous sommes au début des années 1960 et les quelques Américains et employés civils français sont le plus souvent sur la base de Toul.

Fin janvier 1960: Voici un an que les escadrons de F-100 ont quittés la France. L’implantation de l’armée de Terre américaines sur la base d’Etain est sans changement, sont stationnées 3 compagnies du 249th Engineer Battalion venant de Kaiserslautern, une compagnie du 97th Engineer B de Verdun et la 582ème compagnie de transport de l’Army venant de Chambley. Mais la base a reçu des F-100 (dont ceux basé à Spanghalem) en septembre avec 250 militaires dont 40 officiers, lors de différents exercices. l’effectif  USAF des deux Bases (Chambley et Etain) est d’environ 120 militaires. et pour l’Army d’environ 1300 militaires. En ce qui concerne les familles des miltaires US, en compte pour Etain: 210 personnes (femmes et enfants) pour l’USAF et 1757 personnes pour l’Army. Et environ 400 civils travaillant pour les U.S.

Cependant, Étain va revivre grâce, ou plutôt à cause de la crise de Berlin. De l’Ohio, des F-84F traversent l’Atlantique, par escales, à destination d’Etain.

La crise de Berlin en 1961 – 7121st Tactical Wing

Dans le cadre de l’opération Tack Hammer, réponse des États-Unis à la crise de Berlin, la base d’Etain fut réactivée le 5 septembre 1961.

Le 1er octobre 1961, le 121st Tactical Fighter Wing de la Garde nationale de l’Ohio était appelé au service actif pour une durée de 12 mois. Le Wing était constitué du 162nd TFS basé sur l’aéroport municipal de Springfield (Ohio), du 164th TFS base sur l’aéroport municipal de Mansfield (Ohio) et du 166th base à Lockbourne AFB (Ohio). Pour des raisons budgétaires, seuls 26 F-84F du 166th TFS furent déployés en France ainsi que des unités de support des 162nd et 164th TFS. Le premier appareil de la Garde nationale de l’Ohio (un T-33) arriva à Étain le 4 novembre 1961, suivis des F-84F le 16 novembre 1961.

L’unité choisie est le 121st TFW et, dans ses rangs, on retrouve des volontaires issus des trois différents escadrons éparpillés dans Ohio, tous équipés de F-84F et sous contrôle administratif du 121 st TFW. Dès son arrivée en France, le wing est mis à la disposition de l’USAFE et de la 17th Air Force et prend l’appellation de 7121st TFW. Rappelons que ces avions ont quitté les Etats-Unis le 30 octobre 1961 et que, à l’époque, on estime fermement que la guerre risque d’éclater avant Noël.

Le ciel de l’est de la France, depuis la Meuse jusqu’à la Haute-Marne, se voit, en un rien de temps, littéralement infesté de F-84F. A ce moment, sans le vouloir, on était arrivé à une standardisation exemplaire du matériel aéronautique puisque, en dehors des Américains, les forces aériennes françaises, allemandes, hollandaises, belges, italiennes et turques utilisaient ce type de machine. Inutile de dire que les échanges d’escadrons ont été nombreux.

La crise passée, les pilotes de l’Ohio volent jour et nuit, même le dimanche, s’entraînant à des séances de navigation longue distance qui se résument, le plus souvent, à des vols de découverte-tourisme de notre continent.

Le 20 août 1962, le 121st rentre au pays en abandonnant sur place ses F-846 qui seront récupérés par le 366th TFW une unité dite régulière au niveau du personnel notamment et qui stationnera sur notre territoire durant encore une année. L’un ses escadrons prendra d’ailleurs ses quartiers à Etain jusqu’en 1963, année de fermeture définitive de la plate-forme.

Le dimanche 28 juin 1964, la Base aérienne Américaine d’Etain était rendu opérationnelle sur préavis de 48 heures, pour accueillir les avion Ministériels, à l’occasion du 48ème anniversaire de la victoire de Verdun. le commandant de la base est le Lieutenant-colonel William J. BAUSSER commandant le détachement de Liaison Air 51/128 avec un comme personnel en plus de lui, 1 sous-officier, 2 hommes de troupe et 4 gendarmes de l’Air.

Article du 28 mars 1966.

Départ de l’USAF:

Début 1967, la base est remise aux autorités françaises qui se chargent de régler le cas des derniers employés civils, restés fidèles jusqu’à la fin.  (Selon Jean-Pierre HOEHN Auteur du AIR FAN n°148.

Le 7368th CSG resta pour maintenir la base pour les années qui suivirent. La seule période d’activité majeure fut l’utilisation du terrain d’Étain par le Wing 1 canadien de la base de Marville pour un exercice de l’OTAN en mai 1965. Charles de Gaulle annonça le 7 mars 1966 le retrait de la France du Commandement intégré de l’OTAN. En conséquence, les États-Unis devaient retirer toutes leurs forces militaires stationnées en France avant le 1er avril 1967.

sources: